Denis Roche, “l’énerlangumène”

Denis Roche, Paris, 1978 © Bernard Plossu

Les liens amicaux et littéraires entre Bernard Noël et Denis Roche sont multiples. Nous les avons déjà abordés dans nos articles de février et juin 2019. En 1992, la revue Java a publié, dans son neuvième numéro, un dossier intitulé “Denis Roche vingt ans plus tard”. Bernard Noël y a contribué avec “L’énerlangumène”, un texte dans lequel on retrouve une thématique qui lui est chère : celle du parallélisme entre le sexe, qui reproduit l’espèce, et la langue, qui perpétue la pensée, dans un jaillissement corporel du bas vers le haut. La republication de ce texte est ici augmentée d’un apparat critique.

“L’énerlangumène”

Le site Axolotl-cahiers Denis Roche propose également un dossier autour de ce texte.

Couverture du n° 9 de Java

La revue Java était dirigée par Jean-Michel Espitallier et Jacques Sivan.

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Bernard Noël photographié par Denis Roche

1er décembre 1983, Royaumont © Denis Roche (coll. Bernard Noël)

Dédicace de Denis Roche au verso de la photographie de Bernard Noël

Amstramgram

En 1978, Gérald Bloncourt a photographié Denis Roche, Claude Royet-Journoud et Bernard Noël examinant un stylo Montblanc dans le jardin du Luxembourg. Cette série a paru dans le n° 7 de la revue Land (octobre 1983).

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Merci à Jean-Paul Morin et à Marie-Noëlle George d’avoir reproduit pour nous la série “Amstramgram”, issue du riche fonds de la Poéthèque de la Cave littéraire de Villefontaine.

Nos remerciements vont également à Françoise Peyrot-Roche, Bernard Plossu,  Éliane Kirscher et Bernadette Griot.

Nous exprimons notre vive gratitude à Bertrand Verdier sans qui cet article ne serait pas.

Avec Michel Surya, “penser à plusieurs”

Penser à plusieurs : il me semble que c’est par là qu’il faut politiquement reprendre les choses. (Lettre de Michel Surya à Bernard Noël, 24 septembre 1996)

Affinités électives

Comment naît l’amitié ? Celle qu’entretiennent Bernard Noël et Michel Surya débute sous la double égide de Paule Thévenin – amie commune – et de Georges Bataille. En 1987 paraît aux éditions Séguier La Mort à l’œuvre, de Michel Surya, un épais volume qui constitue la première biographie de l’auteur d’Histoire de l’œil. Le 25 juin, un débat sur Bataille réunit au centre Pompidou Jean-Claude Renard, Philippe Sollers, Bernard Noël, Paule Thévenin et le jeune biographe. Après la discussion, Paule et ses deux amis Bernard et Michel décident de se rendre à pied rue Séguier où se termine un vernissage. Michel Surya admire les livres de Bernard Noël depuis plusieurs années mais, bien que très marqué par quelques-unes de ses lectures publiques, il ne l’a jamais abordé. Ce soir-là, dans les rues de Paris, leur rencontre est heureuse et l’entente évidente.

Michel Surya a découvert l’écriture de Bernard Noël avec Le Château de Cène. Viennent ensuite Les Premiers Mots. Fortement marqué par ce texte, il écrira en 2001 que c’est pour lui le livre de Bernard Noël “où sont déjà tous ses livres, où chacun l’est à son point le plus haut, à la tension duquel chacun depuis se tient [1].” Dans certains ouvrages de Michel Surya, on peut percevoir l’impact qu’a eu ce récit sur sa propre écriture ; ainsi, dans Le Mort-né, ce passage : “On ne t’a pas approché longtemps, parce que tu aurais pué. Tu auras donc été cette puanteur qu’on t’a dite, à laquelle il aurait mieux valu échapper, à défaut de savoir la faire disparaître [2].” Dans le texte de Bernard Noël, on lit : “Vous regrettez vraiment que les mots soient une mort inodore. Vous voudriez que votre bouche pue chaque fois que vous articulez un mot.” Michel Surya signera une préface pour la réédition des Premiers Mots en 2003.

Extraits du corps et Poèmes I constituent également de forts repères littéraires pour Michel Surya dès sa jeunesse, “œuvres essentielles à tous égards pour moi, alors et encore [3]”, dit-il. Ce qui l’attire puissamment dans cette écriture c’est qu’elle est tout entière engagée, non seulement par ses textes politiques mais jusque dans sa poésie. Michel Surya nomme cela le Polième, mot-valise fusionnant “politique” et “poème”. Dans un essai éponyme paru en 2011 [4], il démontre comment Bernard Noël pratique, quelles que soient les formes de son écriture, le dérèglement de tous les sens rimbaldien, propice à la révolution. “L’amitié qui me lie si fort à toi, à ta vie, à tes livres, ne pouvait être complète que parce qu’il n’y pas jusqu’à toi, ta vie, tes livres, que la politique ne pénètre, n’inspire [5]”, lui écrit Michel Surya dans une lettre.

Le premier abonné de Lignes

1989 © Lignes

1987, l’année de la rencontre, est aussi celle où Michel Surya lance la revue Lignes (avec un numéro sur Gorbatchev qui paraît en novembre). Bernard Noël en est aussitôt le premier abonné et soutient sans faille Lignes encore aujourd’hui. “Une revue, dit Michel Surya, c’est l’espace que dessinent des gens ensemble, convaincus qu’ils sont chacun qu’ils ne pourraient pas penser seuls ce que le monde les invite à penser [6].” Bernard Noël devient membre du comité de rédaction et il signe, à ce jour, quatorze contributions pour Lignes, la seule revue qui, selon lui, “ose traiter le politique comme le lieu par excellence de la pensée [7]”. En 2007, il écrit : “À la pensée de tous les mensonges qui sont la vérité du pouvoir, un sursaut fait tomber de ma table une pile de Lignes, juste au bon moment pour que surgisse la prise de conscience d’une présence que portent des milliers de pages […]. Et voilà que ce travail considérable, assumé tout au long de vingt années par le même homme et s’ajoutant à son œuvre personnelle, voilà qu’il me semble brusquement tirer la langue et défier le désastre [8].”

Lignes, ce sont aussi des éditions. Bernard Noël y publie Artaud et Paule (2003), L’enfer, dit-on et Le Retour de Sade (2004), ainsi qu’une réédition du Lieu des signes (2006). Il préface Textes 1962-1993, livre qui rassemble les écrits de Paule Thévenin sur les importantes figures du monde littéraire et artistique qu’elle a connues (2005).

Interactivité 

Lettres de Bernard Noël et de Michel Surya © Atelier Bernard Noël

La bibliographie des deux auteurs et leur correspondance témoignent d’une émulation mutuelle : l’écriture de l’un suscite celle de l’autre, et inversement. En 1992, Michel Surya publie chez Gallimard une nouvelle édition de La Mort à l’œuvre. Dès la lecture du premier chapitre, portant sur l’enfance de Georges Bataille, Bernard Noël est saisi d’une brusque envie d’écrire un monologue. Ce sera La Maladie de la chair. “Mon récit […] se réfère à la situation de Georges Bataille confronté, tout au long de son enfance, à un père tabétique. Je savais cela depuis longtemps, mais quand j’ai lu le récit de cette enfance dans la seconde version de la biographie écrite par Michel Surya, un besoin immédiat d’écrire cette histoire m’a saisi. C’était si impérieux que j’en ai écrit la moitié en quelques jours – puis long silence que j’ai cru définitif. Trois cent soixante-sept jours plus tard, dans l’avion pour Mexico, j’ai terminé la phrase demeurée en suspens [9]”, explique Bernard Noël.

En 1996, Michel Surya publie Théorèmes de la domination [10]. Bernard Noël lui écrit : “Vos Théorèmes m’occupent tellement que je me suis mis à écrire des fragments en réplique [11].” Ces fragments paraîtront en 1997 dans la réédition de La Castration mentale. C’est une tentative “non pas de reprendre ni de répondre, mais de se jeter dans l’élan afin de partager la pensée [12]…” Michel Surya lui répond : “C’est peut-être la plus inattendue des rencontres que j’imaginais que nous pouvions faire. Vos Théorèmes s’ajoutent aux miens, les consolidant, les nuançant, en suscitant chez moi de nouveaux, qu’à leur tour je voudrais voir, etc. Non pas bien sûr pour le béat plaisir de l’écho, mais parce que cela joue quelque chose de ce que c’est que de penser à plusieurs, ce que d’aucuns appellent d’un mot maintenu déjà abusé : une communauté [13].” En 2010, Bernard Noël dédie à Michel Surya une Lettre verticale.

En janvier 2015, Michel Surya écrit à Bernard Noël : “Rangeant pendant les fêtes, j’ai relu des lettres de toi de 2002-2003. Magnifiques lettres. Et je rêvassais de nouveau à un livre de dialogue que nous pourrions écrire [14].
” Ce livre verra finalement le jour en 2020. Il s’intitule Sur le peu de révolution. Constitué d’extraits choisis de leur correspondance, il porte sur la révolution, leur rêve depuis toujours partagé.

Michel Surya et Bernard Noël, Mauregny-en-Haye, 2005 © Sébastien Raimondi

 

[1] Michel Surya, “La bête à mots”, in “Dossier Bernard Noël”, Fusées, n° 5, 2001 ; repris dans Humanimalités, Léo Scheer, 2004.

[2] Michel Surya, Le Mort-né suivi de Eux, Al Dante, 2016.

[3] Michel Surya, Mathilde Girard, Défense d’écrire, entretiens, Encre marine, 2018.

[4] Michel Surya, Le Polième (Bernard Noël), Matériologies IV, Lignes, 2011.

[5] Bernard Noël, Michel Surya, Sur le peu de révolution, La Nerthe, 2020.

[6] Entretien de Michel Surya avec Alain Veinstein pour l’émission Du jour au lendemain, France Culture, 27 janvier 1998.

[7] Bernard Noël, “Théorèmes de la domination”, in La Castration mentale, P.O.L, 1997.

[8] Bernard Noël, “De l’impuissance ?”, in “Vingt années de la vie intellectuelle et politique (1987-2007)”, Lignes n° 23-24 nouvelle série, novembre 2007. Repris dans L’Outrage aux mots, Œuvres II, P.O.L, 2011.

[9] Bernard Noël, “Entretien avec Jacques Ancet”, revue Prétexte n° 16, 1998 ; repris dans Jacques Ancet, Bernard Noël ou l’éclaircie, Opales, 2002.

[10] Michel Surya, “Théorèmes de la domination”, Lignes n° 27, février 1996 ; puis en livre, Talus d’approche, 1996.

[11] Bernard Noël, Michel Surya, Sur le peu de révolution, op. cit.

[12] Bernard Noël, “Théorèmes de la domination”, in La Castration mentale, op. cit.

[13] Bernard Noël, Michel Surya, Sur le peu de révolution, op. cit.

[14] Ibid.

Bibliographies croisées

De Bernard Noël vers Michel Surya
  • “Pris à la langue”, préface à Exit, Séguier, 1988. Réédition Farrago, 2001. Et préface à Récits/Relatos, Incorpore, 2014.
  • “Théorèmes de la domination”, in La Castration mentale, P.O.L, 1997.
  • “Lettre verticale” in Présent de papier, Jacques Brémond, 2010 ; reprise dans Contre-Attaques n° 1, Al Dante, 2010.
  • “Défiguration”, Contre-Attaques n° 1, Al Dante 2010.
  • “De M.B. à G.B. et retour”, Cahiers Maurice Blanchot n° 4, Les Presses du Réel, 2016.
De Michel Surya vers Bernard Noël
  • “Présentation” (sur Le Syndrome de Gramsci), Lignes n° 22, 1994 ; repris dans Sur le peu de révolution, La Nerthe, 2020.
  • Extrait de la conférence sur la biographie donnée par Michel Surya dans le cadre de la journée d’études du 19 novembre 1998 à l’université Paris VII, in Entretiens sur la biographie, Séguier, 2000 (ici modifié).
  • “La bête à mots”, in “Dossier Bernard Noël”, Fusées, n° 5, 2001 ; repris dans Humanimalités, Léo Scheer, 2004.
  • Préface à Les Premiers mots, rééd., coll. “Textes”, Flammarion/Léo Scheer, 2003 ; repris sous le titre “Les premiers derniers mots” dans Excepté le possible :  Jacques Dupin, Roger Laporte, Bernard Noël, Jean-Michel Reynard, Fissile, 2010.
  • “La souille, ou l’expérience de l’expérience”, in Excepté le possible :  Jacques Dupin, Roger Laporte, Bernard Noël, Jean-Michel Reynard, op. cit.
  • “Le Polième” (début du texte) in Politique du corps, Ah/Cercle d’Art, 2010.
  • Le Polième (Bernard Noël), Matériologies IV, Lignes, 2011.
  • Il écrit…”, inédit, 2020.
Bernard Noël & Michel Surya
  • Sur le peu de révolution, La Nerthe, 2020.

P.O.L, trois lettres d’exception

   Bernard m’a beaucoup appris et apporté. Je suis sûr que je ne serais pas le même éditeur, la même personne, s’il n’y avait eu ce compagnonnage si important pour moi. […] Comme Perec, comme Duras, Bernard me protège et il est l’un des garants, l’une des cautions de ce qui se fait ici et qui, grâce à lui, grâce à tous ceux que je publie, n’est pas rien…

(Paul Otchakovsky-Laurens à Jacques Sojcher, in Politique du corps, Ah/Cercle d’art, 2010.)

 

La maison d’édition aux trois initiales, fondée par Paul Otchakovsky-Laurens, se caractérise par des publications en prise directe avec les écritures contemporaines voire avant-gardistes. Elle a pour principe la fidélité à ses auteurs, même ceux dont le lectorat est très réduit. Ses ventes, par titre, peuvent atteindre 340 000 exemplaires comme… 75 [1]. «[Le] plaisir [de Paul Otchakovsky-Laurens], explique Jean-Paul Hirsch, son bras droit, c’est la découverte, c’est d’ouvrir lui-même les 3 000 manuscrits qu’il reçoit chaque année et d’aller lire minutieusement, dans sa maison de campagne de la Drôme, ceux qui ont retenu son attention. Ça ne l’intéresse pas de publier un auteur qui marche déjà ailleurs. En revanche, il tient à publier toute l’œuvre de ceux qu’il a choisis [2].» L’itinéraire de cet éditeur hors du commun croisa très tôt celui de Bernard Noël.

Paul Otchakovsky-Laurens dans son bureau, 2001 © AFP

Dans sa jeunesse, Paul Otchakovsky-Laurens étudie le droit à la faculté d’Assas. Il projette de devenir avocat. En 1964, son attention est attirée par la revue Strophes qu’anime un autre étudiant, Jean Frémon. Tous deux se lient d’amitié, dans une passion partagée pour la littérature. Après leur licence, ils décident d’abandonner le droit pour s’orienter vers l’édition. Paul Otchakovsky-Laurens travaille comme lecteur chez Christian Bourgois (1969) puis chez Flammarion (1970) où il découvre La Face de silence de Bernard Noël, recueil paru en 1967. Quant à Jean Frémon, depuis qu’il a lu Extraits du corps, il suit les publications de l’auteur avec admiration. Il décide de le rencontrer et aussitôt débute une vive amitié. Grâce à Bernard Noël, Jean Frémon est engagé chez l’éditeur Jean-Jacques Pauvert.

En 1971, Jean Frémon met en présence Bernard et Paul. Cette rencontre suscite le désir de travailler ensemble car Paul Otchakovsky-Laurens reconnaît tout de suite la valeur de l’écrivain. Il écrira un an plus tard : “Bernard Noël n’est pas un créateur de formes. À l’exemple de Bataille, il brise net lorsque s’annoncent les beaux moments dont il arrive que l’écriture se satisfasse, cherchant simplement à donner à sa phrase le rythme en lui de la vérité, rendant à la chair ses mots, donnant chair aux mots [3].”

En 1972, Paul Otchakovsky-Laurens crée chez Flammarion la collection “Textes”, dédiée à la littérature de recherche. Il y publie trois titres de Bernard Noël : La Peau et les Mots (1972), Les Premiers Mots (1973) et Treize cases du je (1975). “On ne parle pas si facilement de, on n’édite pas Bernard Noël impunément. Et cela ressemble à une expérience à la lisière de laquelle on se tiendra longtemps, probablement toujours, mais dont on voudrait que chacun la fît sienne. […] Publier Bernard Noël, c’est exiger de la littérature qu’elle soit la vie, c’est faire savoir cette exigence”, note Paul Otchakovsky-Laurens [4].

En 1973, Bernard Noël est inculpé d’outrage aux bonnes mœurs pour avoir écrit Le Château de Cène. En prévision de son procès, Jean Frémon et Paul Otchakovsky-Laurens organisent un comité de soutien qui parvient à réunir plus de deux cents noms du milieu littéraire. Ils obtiennent de l’avocat Robert Badinter qu’il défende gratuitement l’accusé. Malgré leurs démarches amicales, l’auteur est reconnu coupable et condamné à une forte amende. Il bénéficiera ultérieurement d’une amnistie.

En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens quitte Flammarion pour Hachette où il crée la collection “P.O.L”. C’est Bernard Noël qui prend la direction de “Textes” jusqu’en 1983. Cette même année, P.O.L devient une maison d’édition indépendante. Son catalogue témoigne d’une ligne éditoriale audacieuse, exigeante et éclectique. La poésie y occupe une place importante. “Paul Otchakovsky-Laurens permettait une porosité et une ouverture extrêmes ; on savait que les écrivains et les poètes qu’il publiait – dont le destin aurait été de rester dans une profonde marginalité, presque une clandestinité – grâce à lui avaient une visibilité beaucoup plus large”, constate Nathalie Quintane [5]. Tous ses auteurs parlent d’un éditeur accueillant, attentif à chacun et encourageant l’écriture. Parmi eux, on retrouve Jean Frémon, l’ami de longue date, régulièrement publié par la maison.

© Atelier Bernard Noël

On doit aux éditions P.O.L la publication de vingt-cinq titres de Bernard Noël et tout particulièrement les gros volumes rouges des Œuvres, réunissant de nombreux textes épars selon quatre thématiques : les textes érotiques (Les Plumes d’Éros, 2010), les textes politiques (L’Outrage aux mots, 2011), les essais et textes sur l’écriture (La Place de l’autre, 2013), les monologues (La Comédie intime, 2015). Paul Otchakovsky-Laurens affirme : “Pour [Bernard Noël], écrire = penser. C’est d’ailleurs ce qui rend le commerce de cette écriture si exaltant, si troublant puisque nous n’avons affaire ni à une pensée spéculative ni à un simple et pur jeu de formes, encore moins à la gestion d’un acquis littéraire quelconque mais à l’exercice rigoureux d’une liberté mentale qui crée, défait, recrée sans cesse sa propre inscription-incarnation et que l’on ne connaîtra jamais les premiers mots dans lesquels gît son origine tandis qu’elle ne cesse de s’augmenter et de s’ouvrir à l’autre [6].”

Le 2 janvier 2018, Paul Otchakovsky-Laurens disparaît dans un accident de voiture… Frédéric Boyer lui succède à la tête de la maison d’édition.

 

[1] Chiffres fournis par Paul Otchakovsky-Laurens lors de l’émission TV Des mots de minuit en 2017.

[2] L’Express, 17 avril 2003.

[3] Apparition de Bernard Noël, article de Paul Otchakovsky-Laurens pour La Quinzaine littéraire n° 132, 1er au 15 janvier 1972.

[4] Contribution de Paul Otchakovsky-Laurens pour le n° 2-3 de la revue Givre consacré à Bernard Noël, 1977.

[5] Hommage à P.O.L., émission La Grande Table, France Culture, 4 janvier 2018.

[6] Les Roues carrées de Jean-Luc Bayard, préface de Paul Otchakovsky-Laurens, Ypsilon, 2010.

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                         Discussion atemporelle                         entre Bernard Noël et Paul Otchakovsky-Laurens
Emmelene Landon O.-L., huile sur toile, 50 cm X 20 cm, 2020.

L’artiste peintre Emmelene Landon O.-L. a réalisé ce tableau spécialement pour l’Atelier Bernard Noël. Il s’accompagne d’un texte à lire ici.

De Paul Otchakovsky-Laurens sur Bernard Noël

Lettre à Bernard Noël (2001)

Texte de présentation des Plumes d’Éros (2010)

Entretien avec Chantal Colomb-Guillaume (2011)

Des vidéos

© Jean-Paul Hirsch/P.O.L

Dix-huit vidéos réalisées par Jean-Paul Hirsch présentent des lectures ou des entretiens de Bernard Noël, filmés au siège des éditions P.O.L. On peut toutes les retrouver ici.

Une enquête littéraire

Dans P.O.L nid d’espions, roman d’espionnage érudit de Jean-Luc Bayard paru en 2015, apparaissent Bernard Noël, Emmanuel Hocquard, Harry Mathews, Georges Perec, Jean Frémon et quelques autres auteurs de la maison P.O.L…

 

Notre vive gratitude va vers Emmelene Landon O.-L. et vers Jean Frémon. Merci à Chantal Colomb-Guillaume, Jean-Baptiste Para et Mathias Pérez pour leurs aimables autorisations.

Unes, un “grand petit éditeur”

      Il faut dire que, depuis quelques années, le nombre de petits éditeurs diminue de   façon assez inquiétante. Parmi eux, il y en avait un certain nombre, dont Fata   Morgana représente l’exemple type, mais également Unes, ou Farrago, qui étaient   de “grands petits éditeurs”.

(Bernard Noël au micro d’Alain Veinstein en 2009, in Bernard Noël, du jour au lendemain, L’Amourier, 2017.)

 

Alors que Bernard Noël dirige la collection “Textes” chez Flammarion, il reçoit en 1978 le manuscrit d’un Varois de 23 ans, Jean-Pierre Sintive. Il en apprécie la teneur et encourage l’auteur à poursuivre dans la voie de l’écriture. S’ensuit une correspondance de plus en plus amicale. Bernard Noël intègre un texte du jeune poète dans les Cahiers de Mauregny qu’il publie avec Colette Deblé. Leur première rencontre a lieu à Toulon, le 25 octobre 1979, lors d’une exposition de Colette Deblé à la librairie-galerie Alinéa. Le contact est si chaleureux que germe l’idée de faire un livre ensemble.

Jean-Pierre Sintive est instituteur. Il décide de se lancer dans l’édition, en utilisant la petite presse typographique Freinet qui se trouve dans sa classe. En 1980, il souhaite imprimer sept poèmes de Bernard Noël parus en 73 dans La Revue de Belles-Lettres. Leur auteur propose au jeune homme d’écrire plutôt un texte qui lui soit spécialement destiné. Cette marque de confiance incite Jean-Pierre Sintive à devenir un véritable éditeur de poésie : il se forme à la typographie, puis achète une presse Phénix, du matériel d’imprimerie et une provision de beaux papiers. Six polices de caractères Times lui sont offertes par Emmanuel Hocquard. Les éditions Unes naissent fin 81 avec Le Visage volé, un recueil de Jean-Louis Giovannoni. À l’automne 1982, Bernard Noël, comme promis, envoie un manuscrit : Fable pour cacher. Le poème paraît chez Unes le 19 novembre – jour anniversaire de l’auteur et de celle à qui la Fable est dédiée. Des peintures originales de Serge Plagnol ornent le tirage de tête. Ce même jour, sur un roman cher à Jean-Pierre Sintive, Bernard Noël inscrit :

© J.P. Sintive

L’année suivante, les éditions Unes publient L’air est les yeux, avec des peintures de Jan Voss. D’autres auteurs et plasticiens viennent enrichir le catalogue : Roger Giroux et François Deck, Bernard Lamarche-Vadel et Mario Merz, Claude Margat et Colette Deblé, etc. En 1984, Bernard Noël écrit une Lettre verticale à Jean-Pierre Sintive. Ses livres chez Unes se succèdent d’année en année, atteignant le total de vingt-cinq. Il s’agit essentiellement de poèmes mais aussi de préfaces et de traductions.

© Unes

En une vingtaine d’années, Unes devient l’un des plus prestigieux éditeurs français. De nombreuses rencontres et expositions avec les auteurs et les peintres des éditions sont organisées par Jean-Pierre Sintive.

Jean-Pierre Sintive, Bernard Noël, Jean-Louis Giovannoni, Patrick Wateau, Bayeux, 1998 © Unes

Parallèlement, Jean-Pierre Sintive et Stéphanie Ferrat ouvrent la galerie Remarque en 1999 à Trans-en-Provence. C’est le lieu idéal pour marier les expositions à des lectures. Bernard Noël participe fréquemment aux rencontres entre peintres et auteurs initiées par les galeristes-éditeurs. Il publie six titres chez Remarque. En novembre 2000, pour fêter l’anniversaire de l’écrivain, quatre-vingt-dix œuvres d’artistes ayant accompagné ses textes sont exposées dans la galerie. Deux cents amis sont présents au vernissage.

Exposition Paul Trajman, galerie Remarque, 2004 © J.P. Sintive

En 2002, un incendie détruit l’entrepôt des Belles-Lettres qui stockent et diffusent les éditions Unes. Elles cessent leur activité car 25 000 exemplaires de leur fonds sont partis en fumée ! Juin 2010, nouveau coup du sort : la galerie Remarque, située près d’un cours d’eau, est victime des graves inondations qui touchent le Var. La voilà contrainte de fermer ses portes…

François Heusbourg est né la même année que les éditions Unes. À la demande de Jean-Pierre Sintive, il en reprend le flambeau en 2013. Dès le redémarrage des éditions paraît À côté du mot perdu, où des interventions de Stéphanie Ferrat accompagnent le poème de Bernard Noël. L’un de ses titres marquants va être réédité à l’occasion des 40 ans de Unes, en 2021.

Jean-Pierre Sintive vient de rouvrir la galerie Remarque à Draguignan avec une exposition Antoni Tàpies.

Documents annexes

Textes de Bernard Noël à propos des éditions Unes :

Une galerie accueille un éditeur (1984)

L’Entrevu (1995)

Tout éditeur… (2000)

Des livres d’Unes (2001)

Texte de Jean-Pierre Sintive sur ses liens avec Bernard Noël (2011)

Bernard Noël et Jean-Pierre Sintive, Draguignan, 2008 © S. Ferrat

 

35 ans des éditions Unes, avec Bernard Noël, Ludovic Degroote (partiellement caché), Esther Tellermann, François Heusbourg, Jean-Pierre Sintive, Daniel Biga et Jean-Louis Giovannoni, Draguignan, 2016 © Pôle Culturel Chabran

Merci à Michèle Brunet et à Jean-Pierre Sintive pour le partage de leurs archives personnelles.

Fidélité à Fata Morgana

Bernard Noël a publié une cinquantaine de titres chez Fata Morgana. Cette abondance est le fruit d’une longue amitié avec l’éditeur Bruno Roy. Leur relation a débuté à l’automne 1967. Bernard Noël raconte : C’est par hasard que j’ai rencontré Bruno Roy chez Madame de Renéville. J’allais chez elle une ou deux fois par semaine afin de classer les papiers et la bibliothèque de son mari défunt [1]. Elle avait dû me convoquer pour l’assister dans son rendez-vous avec Bruno Roy qui, sans doute, souhaitait publier des inédits de Renéville… Finalement, c’est moi que Bruno a publié, un poème en plaquette, et tout de suite, il a été question d’un peintre. Je rêvais que ce soit Sima, mais l’envoi du poème est resté sans réponse. Cependant, l’amitié de Bruno et l’association à ses activités éditoriales m’ont porté tout naturellement vers le “livre de dialogue”, dont il a édité l’un des plus beaux exemples des trente dernières années : Le Rêve de l’ammonite de Butor et Alechinsky [2].

Le “poème en plaquette” évoqué s’intitule À vif enfin la nuit. C’est le huitième ouvrage que publie, en octobre 1968, la toute jeune maison d’édition de Bruno Roy, sise près de Montpellier. Le texte de Bernard Noël est accompagné d’une eau-forte de Ghislain Quévy. Quelques mois plus tard, Jérôme Martineau tire pour Fata Morgana les cinquante exemplaires de tête du Château de Cène.

Colophon de l’édition 1969 du Château de Cène

Les titres s’enchaînent : en 1970, Une messe blanche, avec une eau-forte d’Alain Le Foll ; en 1971, Souvenirs du pâle, avec quatre pointes-sèches de Ramon Alejandro. De 1973 à 1980, Bernard Noël prend une part active dans la maison d’édition en codirigeant avec Bruno Roy la collection “Le Grand Pal” – en référence à une phrase de Georges Bataille : “Je ne parlerai plus d’expérience intérieure mais de pal.”

Vignette de François Lunven

Bernard Noël dédie, en 1975, une Lettre verticale à l’éditeur et à Marijo Roy, son épouse et collaboratrice. Ses parutions chez Fata Morgana vont se succéder continûment, au rythme d’une ou deux par an, comme le montre le long catalogue des éditions. Ce sont, pour la plupart, des “livres de dialogue” avec des artistes (Vladimir Velickovic, Colette Deblé, Bernard Moninot, Dado, Bernard Dufour, Camille Bryen, etc.), mais aussi avec d’autres écrivains (André Velter, Jean Frémon, Roger Laporte).

© Atelier Bernard Noël

Parfois, Bernard Noël intervient en tant qu’illustrateur, comme dans Les Rougets d’André Pieyre de Mandiargues.

Aquarelle, 2004

Les éditions Fata Morgana comptent, à ce jour, plus de 600 livres à leur catalogue. Ce sont les plus anciennes de tout le Languedoc-Roussillon. Depuis 2000, David Massabuau seconde Bruno Roy. La longue fidélité de Bernard Noël perdure puisqu’un nouveau recueil de ses textes paraîtra dans les mois à venir à Fontfroide le Haut. Ainsi se vérifie ce qu’affirmait l’auteur dès 1974 : Chez Fata Morgana, j’ai trouvé LA maison. Elle est dans maintenant [3].

Bernard Noël et Bruno Roy, Fontfroide le Haut, 2018 © EK

 

[1] C’est en 1966 que Pierre Leyris a introduit Bernard Noël auprès de Lucia Rolland de Renéville, veuve d’André qui fut l’un des membres du Grand Jeu de 1927 à 1932.

[2] Entretien de Bernard Noël avec Jean Lissarrague, in Écrire-Voir, Centre “Joe Bousquet et son Temps”, 2002.

[3] Yves Masselot, texte sur Fata Morgana in Le Temps parallèle n° 1, 1974.

Quelques documents

Dialogue de Bernard Noël avec Bruno Roy sur la “petite édition”, paru dans l’anthologie Fata Morgana, 1966-1976, 10/18, 1976.

Texte de Bruno Roy sur ses liens avec Bernard Noël paru dans le numéro 2-3 de la revue Givre consacré à Bernard Noël en 1977.

Quinze ans bientôt…, préface de Bernard Noël pour le catalogue Fata Morgana, 1966-1980.

Le volume l’écrit, texte de Bernard Noël pour le catalogue Fata Morgana, 1965-2015.

 

Merci à David Massabuau pour sa coopération, à Bernadette Griot pour la mise en page de l’entretien Bernard Noël / Bruno Roy et à Jean-Paul Morin pour le texte d’Yves Masselot.

Passages en revues

Bernard Noël affectionne les revues littéraires. Il a toujours encouragé et soutenu leur existence. Il aime y publier, même quand le tirage en est modeste.

Son premier texte paru dans un périodique s’intitule Au vent. C’est un poème de forme classique, en alexandrins, que l’adolescent envoie en 1947 au Journal des voyages, hebdomadaire auquel il est alors abonné. Son ode au vent de l’Aubrac natal est retenue et publiée à la rubrique “La page des jeunes poètes” du numéro 90.

© BnF

L’année 1954 voit la parution de trois textes – dont deux commandes – dans des revues. De 55 à 62, ce sont principalement les Cahiers des saisons qui accueillent, parfois dans des versions primitives, les écrits qui vont compter. Bernard Noël les regroupera ultérieurement dans Le Lieu des signes et Treize cases du je.

À partir de 1970, il décide de devenir écrivain à plein temps et, parallèlement aux livres qui paraissent, ses publications dans des revues et journaux littéraires s’intensifient considérablement. Elles sont de natures variées : poèmes, notes de lecture, entretiens avec des peintres ou des écrivains, articles politiques, etc. Souvent, il s’agit d’extraits d’œuvres en cours. L’abondante bibliographie des parutions en revues et journaux est consultable ici.

Notons que Bernard Noël a participé aux comités de rédaction de La Traverse, Mise en page, Nulle PartCorrespondances, Lignes ainsi qu’à ceux des journaux La Quinzaine littéraire, Révolution, Le Journal à Royaumont et Les Lettres françaises.

© Atelier Bernard Noël

Ces périodiques recèlent souvent de véritables pépites, dont certaines n’ont jamais été rééditées. C’est le cas des notes de lecture présentées ici : l’une sur Aurora de Michel Leiris et la deuxième sur She de Henry Rider Haggard. Elles ont initialement paru dans le numéro 19-20 de la revue Opus international, en 1970. Dans son essai consacré à Bernard Noël*, Pierre Dhainaut écrit, à juste titre, que Le Château de Cène a “emprunté sa forme” à ces deux romans initiatiques, admirés par “Urbain d’Orlhac”…

Aurora

She

 

*Pierre Dhainaut, Bernard Noël, Ubacs, 1977.

Dans les pas de Rimbaud

   “Il n’y a pas de renoncement, lequel n’est que littérature pour littérateurs, il n’y a qu’un mouvement qui agit à l’intérieur, à la manière de cette langue nouvelle dont Rimbaud a dit qu’elle serait «de la pensée accrochant la pensée et tirant» [1].” Bernard Noël

Arthur Rimbaud (en haut à gauche) à Aden vers 1880

Le colloque d’Aden

L’Institut du monde arabe et le gouvernement du Yémen du Sud organisent à Aden, du 11 au 18 mars 1990, un colloque sur Arthur Rimbaud réunissant auteurs arabes et français, dont Bernard Noël [2]. Le 14, guidé par Alain Borer, le groupe d’écrivains part sur les traces de Rimbaud dans les rues de la ville, “le labyrinthe d’Aden s’ouvrant dans les coulisses d’un colloque [3]”. Dans le quartier de Krater, la maison où le poète fut importateur est identifiée grâce à Barr-Adjam – livre des souvenirs d’Alfred Bardey, son employeur – ainsi qu’à des photographies fournies par deux intellectuels yéménites. Alain Borer raconte : “Nous entrons dans l’agence Bardey ; ouverte et habitée, mais discrètement déserte à cet instant, la maison sent encore le café des harims – elle n’a pas changé d’affectation, devenue Chambre du commerce et de l’industrie où s’entassent des sacs de moka d’Arabie [4].” Alain Jouffroy, participant à cette découverte, écrit : “Soudain, le «mythe Rimbaud», fabriqué dans les officines littéraires et universitaires françaises, tombait silencieusement en poussière sur les tièdes carreaux fendus de cette terrasse, à la lumière du crépuscule yéménite. Tout devenait, banalement, mystérieusement réel [5].”

La maison Bardey, 1994 © Jean-Claude Grosse

Lors du colloque, Alain Jouffroy lance l’idée d’écrire collectivement un “Manifeste d’Aden”. La veille du retour en France, Bernard Noël lui remet ces quelques lignes, en guise de début du manifeste : “Aden est un mot, et chaque mot est en soi une image, car un mot ne se limite pas au sens de la chose qu’il désigne. Aden, où nous sommes venus, n’est pas un lieu, c’est simplement la forme qu’ici donne à l’inconnu puisqu’il faut, un instant, que l’inconnu ait des lèvres et un corps pour que, dans l’Autre, notre propre limite prenne un contour aimable. Nous aimons l’amour qui nous souffle entièrement en tu [6].”

De 1991 à 1997, la maison Bardey est transformée en un centre culturel franco-yéménite. En 2000, elle devient le “Rambow Hotel” ! Sur une photographie de 2018, le nom de l’hôtel est toujours gravé au-dessus de l’entrée mais ses fenêtres apparaissent murées et des panneaux sur sa façade indiquent : “Abou Ahmed, toutes sortes de meubles”…

Rambow Hotel, 2018 © Georges Malbrunot

Bernard Noël a contribué au colloque avec ce texte sur l’image poétique :

De la pensée accrochant la pensée et tirant

Le site artyuiop propose l’intégralité de la lettre de Rimbaud à Demeny.

*

[1] Bernard Noël, Arthur Rimbaud in La Place de l’autre, Œuvres III, P.O.L, 2013.

[2] Les autres participants sont Chawki Abdelamir, Alain Borer, Chantal Dagron, Charles Dobzynski, Thierry Fabre, Kadim Jihad, Alain Jouffroy, Mohamed Kacimi, Marc Le Bot, Serge Sautreau et André Velter.

[3] Alain Borer, La découverte de la “Maison Rimbaud” in Sud, cahiers trimestriels, n° 112, 1995.

[4] ibid.

[5] Alain Jouffroy, Je suis ici dans les Gallas, éditions du Rocher, 1999.

[6] Alain Jouffroy, Petite introduction à un manifeste d’Aden in Rimbaud, revue Europe n° 746-747, juin-juillet 1991.

Bernard Noël et Arthur Rimbaud

Dans son œuvre, Bernard Noël se réfère plusieurs fois à Rimbaud de manière plus ou moins explicite. Il lui a également consacré quelques textes spécifiques :

  • La mort, le mot et le mort-mot, préface à Arthur Rimbaud de Roger Gilbert-Lecomte (Fata Morgana, 1971), reprise dans Treize cases du je (Textes/Flammarion, 1975). Ce texte est principalement axé sur Gilbert-Lecomte.
  • Aujourd’hui, Rimbaud…, réponse de Bernard Noël à une enquête menée par Roger Munier auprès d’une cinquantaine d’écrivains (Archives des lettres modernes n° 160, Minard, 1976).
  • L’Élan et le Hoquet, in Jules Laforgue, Œuvres complètes, t. 2 (L’Âge d’homme, 1995), repris dans La Place de l’autre, Œuvres III (P.O.L, 2013).
  • Harar, préface au livre de photographies éponyme de Guy Hersant (Filigranes, 1999).
  • Arthur Rimbaud, texte paru initialement en espagnol, traduit par Miguel Casado (Casa Encendida, 2007 ; Huerta de San Vincente, 2008), puis repris en français dans La Place de l’autre, Œuvres III (P.O.L, 2013).

 

Merci à Jean-Baptiste Para et à Jean-Claude Grosse pour leurs aimables autorisations ainsi qu’à Mohammed Bennis pour sa traduction.